« J’étais sous le choc, complètement mal à l’aise » : Leyla Doriane, la voix d’« Au Café des délices », dénonce à son tour des gestes non consentis de la part de Patrick Bruel

Publié le 1 juillet 2026

La chanteuse Leyla Doriane brise le silence et accuse Patrick Bruel d’une agression sexuelle survenue en 1999, lors d’une rencontre privée faisant suite à leur collaboration musicale. Dans un entretien accordé à *Elle*, elle livre des détails troublants sur cette soirée qui aurait viré au cauchemar. L’artiste, de son côté, réfute catégoriquement ces allégations.

La comédienne et interprète Leyla Doriane, que l’on a entendue poser sa voix sur le célèbre morceau « Au Café des délices » de Patrick Bruel, révèle aujourd’hui avoir subi une agression sexuelle de la part du chanteur, en 1999, dans un cadre privé. Elle se confie sans détour dans les pages du magazine Elle.

Ces nouvelles révélations s’ajoutent à d’autres témoignages récents visant l’artiste, dans un climat où la parole se libère peu à peu dans le milieu artistique. Pour sa défense, Patrick Bruel dément formellement l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.

Dans les coulisses de la musique des années 90

L’histoire que raconte Leyla Doriane prend racine à la fin des années 1990, une époque où elle faisait ses premiers pas dans l’industrie musicale, fraîchement signée sous un label. C’est lors des Victoires de la musique, ce grand rendez-vous professionnel du show-business français, qu’elle croise la route de Patrick Bruel.

Une certaine complicité naît alors, nourrie par des parcours et des origines qui se ressemblent. Peu de temps après, le chanteur lui propose de collaborer sur un titre de son album Juste avant. Elle accepte avec enthousiasme et prête sa voix à « Au Café des délices », un morceau qui deviendra l’un des plus grands tubes de sa carrière.

Elle se souvient de cette séance d’enregistrement comme d’un moment « fluide », « respectueux » et résolument professionnel, sans le moindre signe avant-coureur d’un malaise à venir.

Une invitation à Neuilly qui tourne mal

Une fois le travail en studio terminé, Leyla Doriane raconte avoir été conviée au domicile de Patrick Bruel, à Neuilly-sur-Seine. L’invitation semblait, selon elle, tourner autour de la musique et du piano, une prolongation naturelle de leur collaboration artistique. Elle s’y rend donc, sans arrière-pensée.

C’est dans cette intimité que tout aurait basculé. D’après son récit, le chanteur lui aurait servi un verre, avant de s’absenter un instant. À son retour, il n’aurait été vêtu que d’un sous-vêtement. Leyla Doriane dit avoir été immédiatement saisie par un profond malaise, et lui aurait clairement signifié son refus de toute relation personnelle.

Elle affirme ensuite que Patrick Bruel l’aurait embrassée de force et aurait multiplié les gestes à caractère sexuel, en dépit de ses « non » répétés. Elle se souvient aussi d’une phrase qui l’a particulièrement heurtée : « Tu sais le nombre de nanas qui rêveraient d’être à ta place », des mots qu’elle qualifie de profondément déstabilisants.

Un départ précipité et des répercussions professionnelles

Toujours selon sa version des faits, elle aurait menacé d’alerter un responsable de son label, ce qui aurait poussé Patrick Bruel à lui demander de quitter les lieux. Elle serait partie sur-le-champ.

Dans les mois et les années qui ont suivi, Leyla Doriane dit avoir ressenti les conséquences de cet épisode sur sa carrière. Elle évoque notamment l’absence de rémunération pour sa participation au titre, des fautes d’orthographe sur son nom dans le livret de l’album, et un accueil qu’elle juge moins chaleureux lors de certaines apparitions sur scène.

Pour elle, ces événements ne sont pas anodins : elle y voit une forme de mise à l’écart, une conséquence directe de son refus d’avoir cédé aux avances qu’elle prête au chanteur.

Une parole qui se libère tardivement

À ce jour, Leyla Doriane n’a pas déposé plainte. Elle justifie ce long silence par la difficulté de s’exprimer dans un milieu où les rapports de force entre artistes établis et jeunes talents sont souvent déséquilibrés.

Son témoignage s’inscrit dans un mouvement plus large de libération de la parole dans le secteur culturel français, où plusieurs affaires similaires ont été médiatisées ces dernières années.

La position de Patrick Bruel et la présomption d’innocence

De son côté, Patrick Bruel rejette catégoriquement l’ensemble des accusations portées contre lui. Il nie en bloc les faits qui lui sont reprochés dans les différents témoignages publics.

À l’heure actuelle, aucune décision judiciaire n’a été rendue. Comme dans toute affaire de ce type, la présomption d’innocence prévaut tant qu’aucune procédure n’a abouti à une condamnation.