Erreur de FIV en Floride : un couple autorisé à élever l’enfant né d’un embryon échangé

Publié le 1 juillet 2026

Un incident inédit dans une clinique de fertilité d’Orlando a bouleversé la vie de deux familles. Un couple a découvert après la naissance que l’embryon implanté n’était pas le leur, mais celui d’autres patients. La justice a finalement tranché en faveur d’un accord permettant aux parents d’accueil de continuer à élever la petite fille comme leur propre enfant.

Une affaire médicale pour le moins singulière a été examinée par un tribunal en Floride, après une confusion survenue dans un centre de procréation assistée d’Orlando. Un couple engagé dans un parcours de fécondation in vitro a réalisé que l’embryon qui avait été implanté ne correspondait pas à leurs propres gamètes, mais à ceux d’une autre famille. Cette méprise a profondément chamboulé l’existence des deux foyers concernés, jusqu’à la naissance de l’enfant et les décisions judiciaires qui ont suivi.

Une erreur de FIV révélée après l’accouchement

Tiffany Score et Steven Mills, résidents de Floride, suivaient un traitement de procréation médicalement assistée et possédaient des embryons congelés conçus à partir de leurs propres cellules reproductrices. Mais lors d’un transfert effectué dans une clinique d’Orlando, une erreur s’est glissée dans le processus : un embryon qui n’était pas le leur a été implanté.

En décembre 2025, Tiffany a donné naissance à une petite fille prénommée Shea. Très vite, le couple a eu des doutes, notamment en observant certains traits physiques de l’enfant qui les ont intrigués. Des tests génétiques ont ensuite confirmé leurs soupçons : la petite n’était pas biologiquement leur fille.

Malgré cette révélation, les parents racontent s’être immédiatement liés à l’enfant et affirment ne pas vouloir être séparés d’elle.

Les géniteurs retrouvés grâce à des analyses ADN

Les parents biologiques de l’enfant étaient initialement inconnus et désignés dans les documents judiciaires sous le nom de « Patient 004 ». Ils ont été identifiés en avril grâce à des tests ADN effectués sur les embryons créés à la même période dans la clinique.

D’après les informations rapportées, les deux familles ont ensuite été mises en contact. Le couple qui a porté l’enfant leur aurait expliqué son souhait de continuer à élever Shea, malgré l’erreur initiale.

Cette situation place les deux foyers dans une configuration juridique et émotionnelle extrêmement délicate, où se mêlent filiation biologique et attachement affectif déjà bien ancré.

Un accord entériné par la justice floridienne

L’affaire a été portée devant un tribunal du comté de Seminole. Lors d’une audience, la juge Margaret Schreiber a validé un « accord de garde mutuelle » qui permet à Tiffany Score et Steven Mills de rester les parents gardiens permanents de l’enfant.

La magistrate s’est dite satisfaite que les parties aient trouvé une solution alors que l’enfant est encore très jeune, selon les éléments rapportés lors de l’audience.

Concrètement, cette décision autorise le couple à élever la petite fille au quotidien, en dépit de l’erreur commise par la clinique de fertilité.

Une plainte déposée contre le centre de fertilité

En parallèle de cette décision, le couple a intenté une action en justice pour négligence contre le centre de fertilité d’Orlando et le médecin impliqué dans la procédure. La clinique a par la suite reconnu avoir implanté le mauvais embryon, invoquant une erreur lors de la manipulation et de l’identification des échantillons.

Les avocats des parents soulignent également que certaines interrogations demeurent, notamment concernant d’autres embryons conservés et le respect des procédures internes de la clinique.

Dans leurs déclarations, Tiffany Score et Steven Mills expliquent avoir recherché les parents biologiques par « obligation morale », tout en réaffirmant leur attachement profond à l’enfant et leur volonté de continuer à l’élever.

Selon les informations rapportées, le médecin impliqué dans l’affaire a par ailleurs été condamné à une amende de 5 000 dollars (soit environ 4 575 euros). Le Daily Mail avait précédemment contacté les avocats de McNichol, de la clinique de fertilité d’Orlando et du patient 004 afin de recueillir leurs commentaires à la suite du dépôt de la plainte du couple.

Entre liens du sang et amour parental

Depuis la naissance de Shea, le couple insiste sur le lien émotionnel extrêmement puissant qu’ils ont tissé avec l’enfant. Ils affirment qu’ils continueront à l’aimer et à la considérer comme leur fille, indépendamment de la confusion survenue lors de la procédure médicale.

Cette affaire, désormais encadrée par la justice, illustre les conséquences exceptionnelles qu’une erreur de laboratoire peut engendrer dans les parcours de procréation médicalement assistée, où les dimensions médicales, juridiques et humaines se retrouvent étroitement entremêlées.