Gérard Jugnot : une retraite « petite », des cotisations pour les autres et des collègues bien radins

Publié le 21 juillet 2026

On imaginait volontiers l'acteur et réalisateur emblématique des Bronzés à l'abri de tout souci financier. La réalité est pourtant plus nuancée. Dans une interview accordée au journaliste Éric Dussart sur RTL, Gérard Jugnot a levé le voile sur sa pension, sa philosophie du travail et son agacement face à certains collègues du milieu du spectacle particulièrement peu enclins à mettre la main au portefeuille.

Une pension reçue, mais jugée bien modeste au regard de sa carrière

À première vue, on pourrait supposer qu’une carrière aussi longue et brillante garantit une retraite à la hauteur. Gérard Jugnot en a pourtant décidé autrement — ou plutôt, le système en a décidé ainsi. Interrogé par Éric Dussart, il a confirmé percevoir effectivement sa pension : * »Moi, je la touche, ma retraite. »* Avant d’ajouter immédiatement, avec une pointe d’amertume : il s’agit selon lui d’* »une petite retraite par rapport à ce que j’ai donné »*.

Myriam Reynaud

Ce sentiment est loin d’être isolé. De nombreux Français partagent cette impression que des décennies de cotisations ne sont pas toujours récompensées équitablement. L’acteur reconnaît par ailleurs ne pas saisir toutes les subtilités techniques de la réforme repoussant l’âge légal à 64 ans. Ce qui compte à ses yeux reste fondamental : le nombre de trimestres accumulés au fil des années.

Un travailleur acharné qui cotise désormais pour la collectivité

Ce qui rend la situation de Gérard Jugnot particulièrement intéressante, c’est qu’il n’a aucunement l’intention de raccrocher. Alors que beaucoup rêvent de repos bien mérité, lui continue d’enchaîner les projets et se range volontiers parmi les « persistants » — ces actifs qui prolongent leur activité bien après l’âge légal de départ. Sa devise ? * »Il faudra qu’on m’arrête. »*

Le cinéma coule dans ses veines, impossible pour lui d’envisager une vie sans plateau. Il y a cependant une ironie savoureuse dans cette situation : les cotisations qu’il verse désormais ne lui bénéficient plus directement. Avec une belle philosophie, il l’assume pleinement : * »tout ce qu’on cotise, ce n’est plus pour nous, c’est pour les autres. »* Éric Dussart l’a d’ailleurs baptisé « super contributeur » — un qualificatif que l’intéressé porte avec élégance.

Pour autant, Gérard Jugnot se garde bien de juger ceux qui aspirent à partir plus tôt. * »Je ne suis pas concerné, mais je peux comprendre que quelqu’un qui fasse un métier difficile ait envie de s’arrêter »*, confie-t-il avec une vraie bienveillance.

Des artistes célèbres et pourtant incroyablement avares : il dit tout

C’est sans doute la partie la plus piquante de l’échange. Gérard Jugnot a saisi l’occasion de cette interview pour exprimer franchement ce que beaucoup osent à peine murmurer : dans le milieu artistique, certaines grandes fortunes se révèlent d’une pingrerie déconcertante.

La vérité sur la pension de Gérard Jugnot et son statut de cotisant © Roses Nicolas/ABACA/Shutterstock

Il raconte ces scènes pour le moins cocasses lors de repas ou de sorties professionnelles, où certains collègues lui glissent sans la moindre gêne : * »Bah tiens, paye, toi, puisque tu as du pognon ! »* De quoi laisser pantois, évidemment.

Mais c’est surtout envers certains confrères bien installés que sa parole s’est faite la plus directe : * »Je trouve ça triste. Il y a des gens vraiment très, très radins. »* Et de conclure avec un humour bien senti : * »J’en connais, c’est terrible ! Des pinces, il y en a quand même pas mal. »*

La générosité, visiblement, ne vient pas automatiquement avec la notoriété.

La vraie richesse, parfois, se mesure moins au solde du compte en banque qu’à la largeur du cœur.