Cancer et infections : ces microbes responsables de millions de cas qu’on peut pourtant éviter

Publié le 8 octobre 2026
Cancer et infections : ces microbes responsables de millions de cas qu'on peut pourtant éviter

Qui aurait pensé qu'un simple microbe puisse déclencher un cancer ? Et pourtant, les chiffres sont là, implacables. Sur les 20 millions de nouveaux cancers diagnostiqués dans le monde en 2024, plus de 2 millions sont directement liés à des agents infectieux. Une réalité méconnue qui, heureusement, ouvre aussi la voie à des solutions concrètes et accessibles pour toutes.

Quand les microbes se cachent derrière les cancers

Le lien entre infections et cancer reste encore très peu connu du grand public. Pourtant, les données sont édifiantes. En 2024, sur quelque 20 millions de nouveaux cancers enregistrés à travers le monde, 2,3 millions sont directement imputables à des agents infectieux. Autrement dit, sans ces microbes, ces maladies n’auraient très certainement jamais vu le jour.

Cinq grands responsables se partagent l’essentiel de ce bilan. La bactérie *Helicobacter pylori*, bien connue pour provoquer des ulcères à l’estomac, arrive en tête avec 760 000 cancers gastriques à son actif. Le papillomavirus humain (HPV) suit de très près avec 750 000 cas, principalement des cancers du col de l’utérus. Les virus des hépatites B et C réunis sont à l’origine de plus de 520 000 cancers du foie. Quant au virus Epstein-Barr, associé à la mononucléose, il fait désormais partie du classement avec 260 000 cas de lymphomes ou de cancers du nasopharynx.

Des statistiques vertigineuses, certes, mais qui tracent aussi une feuille de route précieuse pour mieux agir.

Une répartition géographique profondément inégale

L’étude révèle également une concentration géographique très frappante. L’Asie de l’Est supporte à elle seule 42 % de ces cancers d’origine infectieuse, sous l’effet notamment de *H. pylori* et de l’hépatite B. L’Afrique subsaharienne, de son côté, est particulièrement affectée par le HPV et le VIH. Au total, pas moins de 77 % de ces cancers frappent des pays à revenus modestes ou intermédiaires.

Ce déséquilibre n’a pourtant rien d’inévitable. Il traduit avant tout des disparités d’accès aux soins criantes. Vaccination, programmes de dépistage, traitements antiviraux : les outils pour lutter contre ces cancers existent bel et bien. Le problème, c’est qu’ils restent trop peu disponibles là précisément où les besoins sont les plus urgents.

Les gestes préventifs à adopter sans attendre

Alors, que peut-on faire concrètement ? La bonne nouvelle, c’est que la médecine dispose déjà de réponses efficaces. En France, la vaccination contre le HPV est recommandée dès le collège et protège solidement contre les cancers liés à ce virus. Celle contre l’hépatite B est inscrite au calendrier vaccinal depuis de nombreuses années. Quant à *H. pylori*, son dépistage et son traitement sont tout à fait accessibles après une simple consultation chez son médecin généraliste.

Du côté de la recherche, les équipes du CIRC planchent activement sur de nouveaux vaccins, notamment contre le virus Epstein-Barr, pour lequel aucune protection préventive n’existe encore à ce jour. Les avancées scientifiques se poursuivent, laissant espérer une réduction encore plus significative de ces cancers évitables.

En attendant, évoquer le sujet lors de votre prochain rendez-vous médical, vérifier que vos vaccins sont à jour ou inciter vos proches à consulter pour un dépistage : autant de petits gestes qui, cumulés, peuvent faire une vraie différence.

Prendre soin de sa santé aujourd’hui, c’est s’offrir le meilleur des lendemains.