Belfort : un commandant de police roué de coups lors d’une manifestation devant un lycée

Publié le 27 octobre 2026
Belfort : un commandant de police roué de coups lors d'une manifestation devant un lycée

Une matinée de mobilisation lycéenne à Belfort a viré au drame. Un commandant de police, chef du renseignement territorial, a été violemment pris à partie par un groupe d'individus alors qu'il tentait d'interpeller un fauteur de trouble. Les images diffusées sur les réseaux sociaux ont suscité une indignation générale, et une enquête pour tentative de meurtre a été ouverte dans la foulée.

Une mobilisation qui vire rapidement au chaos

Dès 9h du matin, les policiers et gendarmes sont déployés aux abords du lycée Gustave-Courbet, rue Général-Gambiez. Le procureur de la République de Belfort, Paul-Édouard Lallois, fait état d’environ 200 personnes rassemblées sur les lieux. Parmi elles, beaucoup arborent des tenues sombres, capuches rabattues, visages dissimulés.

La tension monte très vite. Des objets sont projetés vers les forces de l’ordre. Du mobilier urbain est délibérément mis à feu à proximité de l’établissement scolaire. L’atmosphère devient rapidement explosive.

Saint-Ouen-l

Un officier en civil pris au piège par une foule hostile

C’est au cœur de ce désordre que le commandant de police, responsable du service départemental du renseignement territorial et né en 1967, prend la décision d’interpeller un individu. Celui-ci venait tout juste de lancer des projectiles et d’allumer un feu sur une zone herbeuse jouxtant le lycée.

En quelques instants, la situation lui échappe complètement. Habillé en civil, le commandant se retrouve cerné par un groupe d’individus particulièrement agressifs. Il perd l’équilibre, chute au sol. Les coups fusent — pieds et poings ciblant principalement la tête. Ses collègues parviennent à lui porter secours, mais les assaillants ont déjà disparu.

Les enregistrements vidéo, pièces maîtresses de l’investigation

La scène a été captée sous plusieurs angles par des témoins présents sur place. Ces séquences ont immédiatement envahi les réseaux sociaux, déclenchant une vague d’indignation à l’échelle nationale. Le ministre Laurent Nuñez a personnellement qualifié ces faits de « violence inouïe » et d' »acte abject ».

Pour les enquêteurs, ces enregistrements représentent une source d’information capitale. « On distingue clairement plusieurs individus frapper directement à hauteur de la tête du commandant, avec des propos qui ne laissent aucun doute sur leur volonté de blesser », a précisé le procureur.

Belfort : les images d

Tentative de meurtre retenue, un premier suspect mineur arrêté

Le procureur a ouvert une enquête en flagrance pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique — infraction passible de la réclusion criminelle à perpétuité. Le dossier a été transmis au service départemental de la police judiciaire.

Dès 11h, un premier suspect est placé en garde à vue : un lycéen de 17 ans, élève au Gustave-Courbet, sans casier judiciaire. S’il reconnaît sa présence dans le groupe, il nie avoir directement participé aux violences. L’ouverture d’une information judiciaire est attendue dans les prochains jours.

Le commandant soigné à l’hôpital, son état jugé satisfaisant

Pris en charge à l’hôpital Nord-Franche-Comté, le commandant de police s’en tire sans séquelles graves. Il présente des marques visibles sur le visage et a brièvement perdu conscience — sans gravité selon les médecins. Un bilan neurologique ainsi que d’autres examens complémentaires ont été effectués en fin de journée.

« Il est profondément ébranlé par la violence de ce qu’il a traversé », a confié le procureur après l’avoir rencontré.

L’enquête suit son cours, et avec elle, la certitude que la justice fera son travail jusqu’au bout.