Affaire Lyhanna : des ecchymoses buccales révélées par l’autopsie relancent les charges contre Jérôme Barella

Publié le 1 juillet 2026

Le dossier judiciaire autour de la mort de la jeune Lyhanna vient de prendre un nouveau tournant. Alors que l’autopsie n’a pas encore livré toutes ses réponses, les investigations s’élargissent et les accusations contre le principal mis en cause se durcissent.

Vingt jours après la découverte du corps de Lyhanna, 11 ans, près de Fleurance dans le Gers, l’affaire connaît un rebondissement inattendu. Bien que l’autopsie n’ait pas permis d’établir formellement la cause exacte du décès de l’adolescente, les observations des médecins légistes ont poussé le parquet d’Agen à étendre les charges retenues contre Jérôme Barella, le principal suspect dans cette tragédie qui continue de secouer l’opinion.

Un rapport d’autopsie qui soulève de nouvelles interrogations

C’est le 24 juin que le parquet d’Agen a dévoilé les résultats de l’examen médico-légal réalisé sur le corps de Lyhanna. Les analyses ont été effectuées par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, basé à Pontoise, dans le Val-d’Oise.

D’après le document rédigé par les trois experts légistes en charge du dossier, il est impossible, à ce stade, de déterminer avec exactitude ce qui a provoqué la mort. Les spécialistes précisent que toutes les investigations menées jusqu’ici n’ont pas permis d’identifier clairement l’origine du décès de la collégienne.

Mais cette absence de certitude ne signifie pas pour autant que l’enquête piétine. Bien au contraire, plusieurs observations réalisées pendant l’autopsie apportent désormais des indices précieux aux enquêteurs.

Des traces troublantes repérées par les médecins

Dans leur rapport, les experts indiquent n’avoir relevé ni lésion traumatique au niveau du cou, ni blessure interne qui pourrait directement expliquer la mort.

Cependant, d’autres marques ont attiré leur vigilance. Ils évoquent notamment des traces situées sur les bras et les jambes de la victime, décrites comme « très évocatrices de lésions d’entrave ». Ces marques étaient visibles alors même qu’aucun lien n’a été retrouvé sur le corps.

L’autopsie a également mis en lumière des contusions localisées au niveau des commissures des lèvres ainsi qu’à l’intérieur de la bouche. Ces éléments font partie des constatations qui ont poussé les enquêteurs à explorer plus en profondeur certaines pistes déjà envisagées depuis le début de l’affaire.

Un tournant judiciaire majeur

Les résultats de l’autopsie, combinés aux analyses biologiques antérieures, ont conduit le parquet à estimer que la jeune victime a subi un viol.

Dans son communiqué officiel, le procureur de la République d’Agen, Olivier Naboulet, affirme que les observations médico-légales et les résultats biologiques convergent toutes vers cette conclusion.

Suite à ces révélations, les chefs d’accusation retenus contre Jérôme Barella ont été revus et alourdis. Le suspect est désormais mis en examen pour « meurtre sur mineure de quinze ans, précédé ou accompagné d’un viol » ainsi que pour « viol sur mineure de quinze ans par violence, contrainte, menace ou surprise ».

Ces nouvelles qualifications aggravent considérablement les charges pesant sur lui. En cas de condamnation, elles exposent leur auteur présumé à la réclusion criminelle à perpétuité.

Des expertises supplémentaires en cours

Malgré cette avancée notable dans le dossier, de nombreuses zones d’ombre persistent. Les circonstances exactes du décès restent encore floues.

Afin d’obtenir davantage de réponses, le parquet a annoncé la poursuite des investigations scientifiques. Des examens complémentaires en anatomopathologie ont été demandés, tout comme une analyse toxicologique.

Selon le procureur, ces expertises sont déjà en cours mais demandent du temps. Les procédures scientifiques employées sont complexes et les résultats ne peuvent pas être connus immédiatement.

Par ailleurs, Jérôme Barella continue de nier les faits qui lui sont reprochés. Avant cette évolution de la procédure, il était uniquement poursuivi pour enlèvement et séquestration.

Alors que les analyses se poursuivent, les enquêteurs espèrent désormais que les prochaines expertises permettront de faire la lumière sur les circonstances précises de la mort de Lyhanna et de compléter les éléments déjà réunis dans cette affaire judiciaire.