Covid-19 et cancer du poumon : ce que révèle une étude sur 166 000 patients

Publié le 23 septembre 2026

Une étude scientifique récente établit un lien statistique entre le Covid-19 et un risque accru de cancer du poumon. Si les chiffres absolus demeurent contenus, les mécanismes biologiques identifiés par les chercheurs ouvrent des perspectives importantes. Voici ce que ces résultats signifient concrètement, et pourquoi certaines personnes devraient redoubler de vigilance vis-à-vis de leur santé respiratoire.

Covid-19 et cancer du poumon : que nous disent les données ?

Pour explorer ce lien potentiel, les scientifiques ont analysé les dossiers médicaux de plus de 166 000 personnes rétablies du Covid-19, en les comparant à des individus aux profils semblables n’ayant jamais contracté le virus. Leur conclusion ? Une augmentation relative d’environ 22 % du risque de cancer du poumon chez les personnes infectées, un effet particulièrement prononcé chez les fumeurs.

Nuançons toutefois ces résultats avec les chiffres réels. Chez les fumeurs, 1,7 % des personnes ayant eu le Covid ont développé un cancer du poumon, contre 1,4 % pour celles non infectées. Chez les non-fumeurs, le taux passe de 0,18 % à 0,21 %. Les écarts restent donc limités — mais suffisants pour ouvrir des pistes de recherche prometteuses.

Le rôle central de la protéine Spike

Ce qui rend cette étude particulièrement captivante, c’est la mise en lumière d’un mécanisme biologique bien précis. La protéine Spike du coronavirus activerait une enzyme appelée TYMP, déclenchant une réaction inflammatoire en chaîne dans les poumons : micro-lésions, fibrose, perturbations du système immunitaire local… autant de conditions susceptibles de favoriser l’émergence de cellules anormales avec le temps.

Dépistage du cancer du poumon : un vrai enjeu de santé publique

Les scientifiques ont aussi constaté que cette interaction stimulait une voie biologique connue pour son implication dans la prolifération tumorale. Des expériences conduites sur des modèles animaux ont d’ailleurs confirmé cette hypothèse de manière significative : en présence simultanée de la protéine Spike et d’un agent irritant, des lésions pulmonaires apparaissaient dans 50 % des cas, contre seulement 10 % dans le groupe non exposé.

Quelles personnes doivent rester particulièrement vigilantes ?

Rassurons d’emblée la majorité d’entre nous : chez les non-fumeurs ayant traversé une forme bénigne du Covid, aucune hausse significative du risque n’a été observée à ce jour. Un soulagement bienvenu.

En revanche, certains profils nécessitent une attention particulière. Les fumeurs et anciens fumeurs, les personnes ayant développé une forme grave du Covid, ou encore celles qui conservent des séquelles respiratoires telles qu’une fibrose pulmonaire persistante — touchant environ 14 % des patients un an après l’infection — sont davantage exposés.

Pour ces groupes, les chercheurs préconisent un suivi médical rigoureux, une attention soutenue aux symptômes respiratoires inhabituels, et une lecture minutieuse des résultats d’imagerie thoracique. Rien de catastrophique en soi, mais une excellente raison supplémentaire de ne pas repousser ses consultations médicales.

Chaque avancée scientifique est une invitation à mieux nous occuper de notre santé — et ça, ça ne se remet jamais à demain.