L’épreuve cachée d’un visage familier de la télévision
Certains comédiens deviennent, par leur talent, des compagnons du quotidien. Bill Bixby était de ceux-là, mais son parcours fut marqué par une bataille intérieure aussi intense que discrète, loin de la sérénité qu'il dégageait à l'écran.
Bill Bixby, une destinée écrite pour le petit écran

Né à San Francisco en 1934, Bill Bixby a très tôt senti l’appel de la scène. Élève doué et brillant orateur, il se distingue dans les ateliers de théâtre avant de s’engager dans des études supérieures. Pourtant, sa voie était ailleurs : il décide de quitter l’université pour suivre son rêve artistique. Un choix audacieux qui se révélera payant. Ses débuts se font comme mannequin pour des séances photo, puis il enchaîne les publicités, pour finalement décrocher ses premiers rôles à la télévision, un média alors en pleine expansion aux États-Unis.
Sa carrière prend un tournant décisif en 1963 avec la série Mon Martien préféré. Dans la peau du journaliste Tim O’Hara, il séduit le public instantanément. Son jeu naturel, son humour subtil et son charisme inné opèrent une véritable magie. Son partenaire Ray Walston le disait lui-même : on l’aimait « immédiatement et sans réserve ». Une formule qui résume parfaitement le lien unique qu’il parvenait à créer avec les téléspectateurs.
Des rôles cultes, qui ont traversé les décennies

Après ce premier succès retentissant, Bill Bixby enchaîne les personnages inoubliables. Il touche le cœur de toute une nation dans The Courtship of Eddie’s Father, où il incarne un père célibataire d’une grande douceur, une performance saluée par plusieurs nominations aux Emmy Awards. Il change ensuite de registre avec The Magician, une série devenue culte, dans laquelle il joue un illusionniste élégant et mystérieux.
Cependant, pour des millions d’amateurs, son visage restera à jamais associé au Dr David Banner dans L’Incroyable Hulk. Entre fragilité humaine et force titanesque, Bixby apporte une profondeur psychologique rare à ce héros de série. C’est cette alchimie complexe qui explique pourquoi la série, diffusée à la fin des années 70 et au début des années 80, conserve encore aujourd’hui toute sa puissance d’évocation. Son engagement ira jusqu’à la réalisation de plusieurs téléfilms dérivés, démontrant son talent aussi bien devant que derrière la caméra.
Une personnalité discrète, à l’écart des projecteurs

Dans son intimité, Bill Bixby était un homme simple. Peu attiré par les fêtes hollywoodiennes bruyantes, il préférait les weekends paisibles à Malibu, les petits plaisirs du quotidien et les échanges sincères. Amateur de bonne cuisine, de jazz et de jardinage, il cultivait une sérénité personnelle qui contrastait fortement avec l’agitation des plateaux de tournage.
Sa vie n’a pourtant pas été épargnée par les épreuves, qu’il a traversées avec une dignité et une force remarquables. Ces drames l’ont profondément marqué, sans jamais étouffer sa flamme artistique. Au contraire, dans les années 1980, il se tourne plus activement vers la réalisation, apportant sa sensibilité à des séries comme Goodnight, Beantown, Sledge Hammer! ou encore Blossom.
Une marque indélébile dans la culture populaire

Bill Bixby nous a quittés en 1993, à seulement 59 ans, après avoir mené un courageux combat contre la maladie. Jusqu’au bout, il est resté fidèle à ses principes : discret, déterminé et souhaitant transmettre un message de résilience et de prise de conscience.
Son héritage, lui, est bien vivant. Ses œuvres sont accessibles sur les grandes plateformes de streaming, permettant aux nouvelles générations de découvrir ce comédien au talent si singulier. Acteur, réalisateur, homme d’une grande sensibilité, il demeure une figure incontournable de l’âge d’or de la télévision, y ayant laissé une empreinte durable.
Et si la plus belle manière de lui rendre hommage était simplement de se replonger dans un de ses épisodes, avec cette douce nostalgie de celles et ceux qui savent reconnaître les véritables légendes ?
