Quand un pilote confie les commandes à son fils : la tragédie du vol 593 et ses 75 victimes

Publié le 28 juin 2026

Ce qui devait être un simple vol familial vers Hong Kong s’est mué en catastrophe aérienne. En quelques secondes, un geste anodin a scellé le destin de 75 passagers. Retour sur l’une des pages les plus sombres de l’aviation, où une imprudence a coûté la vie à tout un équipage.

Le 23 mars 1994, un Airbus A310 de la compagnie Aeroflot quitte Moscou à destination de Hong Kong. À son bord : 75 passagers et un équipage aguerri, dont le commandant Yaroslav Kudrinsky. Ce dernier voyage avec ses deux enfants, Yana (13 ans) et Eldar (15 ans), pour ce qui devait être leur premier périple à l’étranger. Une aventure familiale dans les airs, pleine de promesses.

Quand un pilote confie les commandes à son fils : la tragédie du vol 593 et ses 75 victimes

Une invitation fatale dans le cockpit

Dans la Russie post-soviétique, les visites au poste de pilotage étaient encore tolérées, bien qu’officiellement interdites. À mi-parcours, l’avion étant stabilisé en pilote automatique, le commandant décide d’offrir un souvenir mémorable à ses enfants. Yana s’assoit la première au poste de commande. Son père lui montre les instruments, les lumières des villes en contrebas. Rien d’alarmant. Puis vient le tour d’Eldar. Le garçon, enthousiaste, tourne le manche pour imiter un virage. Sans le savoir, il désactive une fonction essentielle du pilote automatique. Un voyant s’allume, mais ni le père ni le copilote ne s’en aperçoivent. L’appareil vient de passer en mode manuel, et personne ne le réalise.

De l’insouciance à la panique

L’avion commence à s’incliner dangereusement. L’angle atteint rapidement 45 degrés, soumettant l’appareil à de violentes forces G. Eldar, paralysé par la peur, ne parvient plus à bouger. Son père hurle : « Eldar, va à l’arrière ! » Le copilote tente de reprendre la main. Mais l’appareil décroche et chute à près de 260 km/h. Les pilotes parviennent à le redresser partiellement, mais l’altitude est trop faible. Le crash est inévitable.

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Un impact sans appel

Le vol s’écrase dans les montagnes de Kuznetsk Alatau, dans le sud de la Russie. Aucun survivant. Pas même le temps d’émettre un signal de détresse. L’appareil est pulvérisé sur le coup. Dans un premier temps, Aeroflot nie toute responsabilité. Mais quelques mois plus tard, la transcription de l’enregistreur de vol, publiée par un magazine moscovite, révèle l’impensable : les enfants étaient aux commandes.

Une leçon gravée dans le ciel

Quand un pilote confie les commandes à son fils : la tragédie du vol 593 et ses 75 victimes

L’enquête conclut à une erreur humaine : le capitaine Kudrinsky, pourtant pilote chevronné, a enfreint les règles de sécurité les plus élémentaires. Ce drame reste aujourd’hui l’un des plus évitables de l’histoire de l’aviation. Il rappelle, avec une douleur poignante, que la rigueur et le respect des protocoles ne souffrent aucun compromis.

Le poids du souvenir

Quand un pilote confie les commandes à son fils : la tragédie du vol 593 et ses 75 victimes

Plus de trente ans après, ce vol hante encore les mémoires des passionnés d’aéronautique et des familles des victimes. Au-delà de l’émotion, il demeure une leçon cruelle : un instant d’inattention, une décision malheureuse, et 75 vies perdues à jamais.