Pierre, vendeur à Nice : le courage ordinaire d’un homme face aux casseurs du 17 octobre

Publié le 19 octobre 2026
Pierre, vendeur à Nice : le courage ordinaire d'un homme face aux casseurs du 17 octobre

Le samedi 17 octobre, des centaines de milliers de Français ont battu le pavé pour dénoncer la hausse du coût de la vie et le délitement des services publics. Si la grande majorité des cortèges s'est déroulée dans le calme, des scènes de violences ont éclaté dans certaines villes. À Nice, un simple vendeur est devenu, malgré lui, le visage inattendu du courage face aux débordements.

17 octobre : une journée de mobilisation marquée par des violences isolées

Ce samedi-là, la France était dans la rue. Des centaines de milliers de manifestants ont défilé aux quatre coins du pays pour exprimer leur ras-le-bol face à la vie chère et à la dégradation des services publics. Des rassemblements majoritairement pacifiques, qui ont néanmoins été ternis dans plusieurs grandes villes — Paris, Marseille, Bordeaux et Nice — par des actes de vandalisme et de pillage.

Dans la ville de la Promenade des Anglais, un groupe de casseurs s’en est pris à un magasin Micromania, l’enseigne incontournable des passionnés de jeux vidéo. Pierre, vendeur dans cette boutique et présent ce jour-là, a alors pris une décision instantanée : se placer devant la devanture brisée pour en interdire l’accès, bien décidé à défendre le magasin qu’il connaît comme sa poche.

Une image forte qui a traversé les frontières

Les images captées par des témoins sont frappantes. On découvre Pierre, campé dans l’ouverture béante de la vitrine fracassée, à deux pas d’une affiche représentant Son Goku, le héros emblématique de Dragon Ball. Une coïncidence qui prend des allures de symbole. Un premier individu s’approche de lui avec une attitude menaçante. Pierre tient bon. L’assaillant prend la fuite sans demander son reste.

Mais la situation bascule quelques instants plus tard : ce même individu revient par surprise, par derrière, et lui porte un violent coup qui le projette en avant. Des projectiles sont également lancés dans sa direction. Malgré son sang-froid et sa détermination, Pierre n’a pas réussi à stopper le pillage et les dégradations qui ont suivi.

La vidéo a enflammé les réseaux sociaux en l’espace de quelques heures à peine, voyageant jusqu’en Espagne et au Japon. Partout, les internautes ont tenu à saluer le geste de Pierre, certains n’hésitant pas à le comparer à un super-héros — l’affiche de Goku en arrière-plan ayant sans doute alimenté la comparaison.

« C’était une bêtise » : le vendeur héros garde les pieds sur terre

Interrogé par la rédaction d’*Ici Azur*, Pierre a évoqué ces événements avec une franchise et une modestie qui forcent le respect. Il reconnaît volontiers ne pas avoir pris le temps d’évaluer les dangers avant d’intervenir, et admet qu’il aurait peut-être mieux fait de s’abstenir. « C’était une bêtise », résume-t-il sans détour. Aucune mise en scène, aucune grandiloquence. Juste la sincérité d’un homme qui a écouté ses instincts.

Ce qui lui importe avant tout, c’est de remettre les choses en perspective. « Faut pas oublier que ça reste minoritaire en terme d’attitude. Sur le reste du cortège, ça s’est plutôt bien passé. Il y a quelques brebis galeuses, mais ce n’est pas la majorité », tient-il à préciser.

Depuis cet épisode, Pierre croule sous les témoignages de sympathie. Et dès le lundi suivant, de nombreuses personnes ont tenu à se rendre à la boutique pour lui exprimer leur admiration de vive voix, lui serrer chaleureusement la main et lui signifier que son acte avait touché bien des cœurs.

Le courage, c’est souvent juste refuser de s’effacer quand les choses deviennent difficiles.