Cancers d’origine infectieuse : les 5 agents responsables de la majorité des cas dans le monde
Une récente analyse menée par le Centre International de Recherche sur le Cancer vient de lever le voile sur un phénomène encore trop méconnu : chaque année, près de 2,2 millions de cancers seraient directement liés à une infection. Derrière ces chiffres alarmants, cinq agents pathogènes concentrent l'essentiel du danger — et des solutions de prévention existent déjà pour en limiter l'impact.
Cinq pathogènes à l’origine de la quasi-totalité des cancers infectieux
Les chercheurs du CIRC ont analysé en détail douze agents infectieux. Parmi cet ensemble, cinq ressortent de façon significative et cumulent à eux seuls presque tous les cas de cancer directement attribuables à une infection.
Premier de la liste, la bactérie *Helicobacter pylori* est impliquée dans 760 000 cancers, majoritairement gastriques. Elle est talonnée de près par le papillomavirus humain (HPV), qui compte 750 000 cas à son actif et joue un rôle central dans la plupart des cancers du col de l’utérus, mais aussi dans certains cancers de la sphère ORL. Les hépatites virales B et C figurent également dans ce bilan, liées avant tout aux cancers du foie. Quant au virus Epstein-Barr (EBV), longtemps négligé, il s’affirme aujourd’hui comme la quatrième cause infectieuse de cancer, associé à des lymphomes et à des cancers du nasopharynx.
One in eight cancers worldwide linked to infections!
A new IARC study shows that an estimated 2.3 million new cancer cases worldwide in 2024 – about 12% of all new cancer cases – were caused by infections.https://t.co/Whnw6tXqra pic.twitter.com/iX4OorjvLz— IARC (@IARCWHO) September 29, 2026

*© IARC – CIRC*
Une répartition géographique profondément inégale
L’étude met également en lumière des disparités mondiales considérables. L’Asie de l’Est concentre à elle seule 42 % de ces cancers infectieux, soit environ un million de cas, portés en grande partie par *H. pylori* et le virus de l’hépatite B. En Afrique subsaharienne, c’est le HPV qui domine, avec l’un des taux d’incidence les plus préoccupants au monde.
Au global, 77 % de ces cancers touchent des pays à revenus faibles ou intermédiaires — un chiffre qui illustre crûment le lien étroit entre inégalités de santé, accès aux soins et prévention. Si la proportion reste stable depuis 2018, autour de 12 à 13 %, le volume total de cas continue de grimper sous l’effet conjugué de la croissance démographique et du vieillissement des populations.

*© The Lancet Oncology*
Des solutions de prévention accessibles et efficaces
Bonne nouvelle : une large part de ces cancers pourraient être évités. Les dispositifs existent déjà — vaccination contre le HPV et contre l’hépatite B, dépistage et prise en charge de l’infection à *H. pylori*, surveillance des hépatites virales. Ces actions préventives concrètes sont pourtant encore insuffisamment déployées dans de nombreuses parties du monde.
Le CIRC identifie des freins financiers, politiques et structurels qui ralentissent l’accès à ces outils. L’organisme appelle à renforcer les investissements en recherche, notamment pour mettre au point un vaccin contre le virus Epstein-Barr, pour lequel aucune protection n’est encore disponible à ce jour.
La prévention reste notre meilleure alliée — et il n’est jamais trop tôt pour en faire une priorité.
