Arrêt maladie depuis 15 ans : ce cadre attaque son employeur pour un salaire qui n’a jamais été indexé sur l’inflation

Publié le 30 mai 2026

Une affaire hors norme secoue le Royaume-Uni. Un ancien spécialiste en informatique, en incapacité de travail depuis plus de quinze ans, a décidé de traîner son employeur devant la justice. Son motif ? L’absence totale d’augmentation de son salaire durant toutes ces années, qu’il considère comme une forme de discrimination liée à son handicap.

Une affaire peu banale a récemment fait grand bruit outre-Manche, où se mêlent droit social, handicap et rémunération sur le très long terme. Un ancien cadre du secteur informatique, en arrêt maladie depuis plus de quinze années, a intenté une action en justice contre son employeur pour un motif pour le moins inattendu : le fait que son salaire n’ait jamais été réévalué durant toute cette période.

Un employé d’IBM en absence prolongée

Ian Clifford, ancien salarié du géant IBM, a fait ses débuts dans l’informatique au début des années 2000. Placé en arrêt maladie en 2008 pour des raisons de santé, il n’a jamais réintégré son poste depuis.
Grâce au système de protection sociale mis en place par son entreprise, il continue de percevoir environ 75 % de son salaire annuel, soit plus de 62 000 euros par an, avec une garantie de versement maintenue jusqu’à l’âge de la retraite.

Une accusation de discrimination fondée sur le handicap

Malgré ce maintien de ses revenus, le salarié a estimé être victime d’une injustice. Il a donc saisi le tribunal du travail de Reading, affirmant subir une discrimination en raison de son handicap.
Son principal argument ? Le fait que son salaire n’ait pas été revalorisé depuis le début de son arrêt maladie, ce qui, selon lui, entraîne une perte de pouvoir d’achat face à la hausse constante des prix.

La justice britannique tranche clairement

Le tribunal du travail de Reading a finalement rejeté sa requête.
Le juge a considéré que le salarié bénéficiait déjà d’un avantage particulièrement conséquent grâce à ce dispositif, qui lui assure un revenu stable sans aucune obligation de travailler.
D’après la décision rendue, le fait de ne pas augmenter ce revenu ne constitue pas une discrimination, mais relève des conditions propres à un régime spécifique destiné aux personnes en situation d’incapacité de travail.

Un système jugé déjà très favorable

Le mécanisme mis en place par l’entreprise prévoit qu’un salarié dans l’incapacité de travailler conserve une part importante de son salaire jusqu’à son départ à la retraite ou son rétablissement.
Dans ce cas précis, cela représente un montant total potentiel de plus d’un million de livres sterling sur la durée, un élément qui a pesé lourd dans la balance lors de la décision du tribunal.

Un débat sur l’équité et l’inflation

Cette affaire a relancé les discussions autour du pouvoir d’achat et de l’évolution des revenus dans les situations de maladie de longue durée.
Certains estiment que l’absence de revalorisation peut poser un véritable problème face à l’inflation, tandis que d’autres considèrent qu’un tel dispositif constitue déjà une protection financière exceptionnelle.

Le point de vue du salarié

Devant la justice, Ian Clifford a expliqué que la valeur réelle de ses paiements diminuait au fil du temps à cause de la hausse du coût de la vie. Il estimait que le programme initial devait garantir une sécurité durable, même après plusieurs années d’absence.

Une affaire juridiquement close mais qui fait débat

Pour la justice, le raisonnement était limpide : un avantage réservé aux salariés en arrêt de longue durée ne peut être comparé à la rémunération des salariés en activité.
Le tribunal a donc conclu qu’il ne s’agissait pas d’un traitement discriminatoire.

Cette affaire illustre parfaitement la complexité des situations de longue maladie dans le monde professionnel, où se croisent protection sociale, droits des salariés et évolutions économiques.