Cancer du pancréas : pourquoi les diagnostics flambent et ce que la science commence à comprendre

Publié le 21 juin 2026

Longtemps passé sous les radars épidémiologiques, le cancer du pancréas connaît une ascension fulgurante. Avec plus de 15 000 nouveaux cas recensés chaque année en France aujourd'hui, contre moins de 10 000 en 2010, cette pathologie s'impose désormais comme l'une des plus meurtrières et des plus mystérieuses.

Entre 1990 et 2018, le nombre de diagnostics a grimpé de 2,7 % par an chez les hommes et de 3,8 % chez les femmes. Si cette dynamique se confirme, ce cancer pourrait bientôt devenir la deuxième cause de décès par tumeur, juste derrière celui du poumon. Une question centrale se pose alors : qu’est-ce qui explique une telle accélération ?

Cancer du pancréas : pourquoi les diagnostics flambent et ce que la science commence à comprendre

Tabac et alcool : des coupables déjà identifiés

Le pancréas, cette glande logée derrière l’estomac, est indispensable à la digestion et à l’équilibre de la glycémie. Quand une tumeur s’y installe, elle reste longtemps silencieuse, ce qui retarde le diagnostic et complique la prise en charge. Parmi les causes bien documentées, le tabagisme et la consommation d’alcool arrivent en tête. Selon le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), ils seraient en cause dans 20 à 30 % des cas. Un autre facteur mérite une attention particulière : le diabète de type 2, qui multiplierait par 1,8 le risque de développer un cancer du pancréas. Pourtant, comme le souligne le Dr Antoine Hollebecque, oncologue spécialiste des cancers digestifs à l’Institut Gustave Roussy, ces éléments ne suffisent pas à tout expliquer : « Le problème, c’est que personne ne connaît précisément toutes les causes de cette augmentation. »

Cancer du pancréas : pourquoi les diagnostics flambent et ce que la science commence à comprendre

La piste génétique de plus en plus scrutée

Dans environ 5 % des cas, des mutations héréditaires ont été mises en évidence. Certains gènes associés au cancer du sein, par exemple, pourraient aussi prédisposer au cancer du pancréas. Le risque s’accroît également lorsque plusieurs proches ont été touchés au sein d’une même famille. En présence d’antécédents familiaux, il est donc conseillé d’en parler à son médecin pour envisager un suivi personnalisé.

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Environnement et mode de vie : des zones d’ombre à explorer

Les scientifiques s’intéressent aussi aux facteurs environnementaux. Pollution de l’air, résidus de pesticides, additifs alimentaires… Autant de substances suspectes, même si les preuves solides manquent encore. Le rythme de vie moderne, marqué par le stress chronique et une alimentation ultra-transformée, pourrait également jouer un rôle non négligeable. Le cancer du pancréas survient généralement entre 60 et 70 ans. Sa prise en charge reste particulièrement ardue, car il est souvent asymptomatique à ses débuts et donc diagnostiqué à un stade avancé.

Quel pronostic aujourd’hui ?

Les chiffres restent alarmants : la survie médiane après le diagnostic est encore inférieure à un an. Seulement 20 % des patients environ peuvent prétendre à une opération chirurgicale combinée à une chimiothérapie, ce qui augmente les chances de rémission. La survie à cinq ans oscille entre 5 et 10 %, et celle à dix ans demeure très faible, comparable aux niveaux enregistrés dans les années 1970, d’après l’American Cancer Society. Face à ce constat, la recherche et la prévention apparaissent comme les leviers les plus prometteurs pour espérer inverser la tendance. Rester attentif aux facteurs de risque et adopter une hygiène de vie équilibrée peuvent déjà faire une différence significative.