Problèmes de couple : trois histoires vraies qui nous parlent toutes un peu
Conflits qui s'enlisent, besoin de légèreté cherché ailleurs, admiration sans désir… Ces situations de couple vous semblent peut-être familières. La psychologue Nadine Ryckwaert décrypte trois témoignages poignants avec une bienveillance désarmante. Ce qu'elle révèle sur nos mécanismes intérieurs donne vraiment à réfléchir — et surtout, ça fait du bien de savoir qu'on n'est pas seules.
Lorsque le corps envoie un message avant les mots
Jean, 52 ans, traverse une période très tendue avec son épouse. Les frictions s’accumulent depuis longtemps, notamment à cause de difficultés relationnelles avec le fils aîné de celle-ci. Conséquence directe : l’intimité du couple s’est progressivement éteinte, et Jean ne comprend pas pourquoi son désir a disparu.
L’explication de Nadine Ryckwaert est claire : le corps n’est pas un simple outil. Lorsque la confiance s’érode, lorsqu’on se sent mal compris ou animé par la colère, l’organisme réagit à sa manière. Il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement physique, mais d’un signal de détresse émotionnelle. Avant d’espérer retrouver ce qui existait autrefois, il est indispensable de traiter ce qui fait vraiment mal. Le reste suit naturellement, lorsque les conditions intérieures sont réunies.
Épuisée au quotidien, elle a trouvé refuge ailleurs
Clothilde, 32 ans, jongle en permanence entre un travail très prenant, un jeune enfant et un compagnon qu’elle vit comme oppressant. À bout de souffle, elle s’est tournée vers une relation parallèle avec un collègue. Elle culpabilise, mais cette bulle lui offre la douceur et l’espace qui lui font cruellement défaut.
Ce que souligne la psychologue est particulièrement éclairant : les sollicitations répétées du compagnon ne traduisent pas une forme de possessivité, mais bel et bien de l’insécurité. Il cherche à être rassuré quant à la place qu’il tient dans le cœur de Clothilde. Paradoxalement, en multipliant ces demandes, il obtient l’effet contraire : elle s’éloigne davantage. Un accompagnement thérapeutique — individuel ou en couple — permettrait à chacun d’exprimer ses besoins sans étouffer ceux de l’autre. L’amour, lui, n’attend que cet espace pour se réinstaller.

Aimer profondément sans ressentir le désir : ce paradoxe si féminin
Sylvie, 44 ans, a construit sa vie avec un homme remarquable. Père impliqué, partenaire solide, homme intelligent et attentionné. Elle lui voue une admiration sincère. Et pourtant, quelque chose manque : cette petite étincelle, ce frisson instinctif qu’elle a toujours éprouvé pour des personnalités bien différentes. Elle s’en veut, sans savoir comment agir sur ses propres ressentis.
Nadine Ryckwaert l’éclaire avec toute sa délicatesse : Sylvie a choisi un homme qui lui offre sécurité et stabilité — et ce n’est pas un choix anodin. Les partenaires qui suscitaient davantage d’attirance physique ne correspondaient pas au projet de vie qu’elle désirait. Ces deux dimensions semblent difficiles à concilier, mais une thérapie à orientation analytique peut permettre de mieux décoder ses propres schémas affectifs, et parfois de réconcilier désir et choix de vie. Non pas pour tout bouleverser, mais pour s’accepter pleinement.
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Ces trois récits nous rappellent une réalité fondamentale : dans un couple, ce qui se joue en soi compte tout autant que ce qui se vit à deux.
Se comprendre soi-même, c’est la plus belle façon de commencer à mieux aimer.
