Écrans et concentration des enfants : une enseignante alerte, voici ce qu’on peut vraiment faire

Publié le 30 octobre 2026
Écrans et concentration des enfants : une enseignante alerte, voici ce qu'on peut vraiment faire

Vingt ans face aux mêmes élèves de sixième, et une enseignante voit la différence. Dans une vidéo qui a enflammé les réseaux, elle décrit des enfants de plus en plus agités, de moins en moins concentrés. Son témoignage bouleverse, mais il n'est pas seul. Des données officielles viennent confirmer ses inquiétudes — et des solutions existent, dès aujourd'hui, chez vous.

Le cri d’alarme d’une enseignante après vingt ans de carrière

Katie Dooley enseigne depuis deux décennies à des élèves de l’équivalent de la sixième. Dans une vidéo devenue virale, elle décrit une évolution qui l’inquiète : chaque nouvelle promotion lui semble plus agitée, moins capable de se concentrer, plus sensible à l’influence du groupe. Pas un jugement à la légère — une observation de terrain, année après année.

À ses yeux, plusieurs éléments expliquent cette transformation. En premier lieu, un manque d’attention au foyer et une valorisation insuffisante de l’école dans certaines familles. Mais c’est surtout le rôle des écrans qu’elle met en avant : ses élèves sont tellement conditionnés à la gratification instantanée — un like, une notification, un niveau débloqué — que le moindre effort intellectuel leur semble une montagne insurmontable.

Sa réponse en classe ? Pas d’ordinateurs, pas de prise de notes sur écran. Elle pousse ses élèves à réfléchir par eux-mêmes, à chercher leurs mots, à muscler leur esprit critique. Ils ressortent épuisés, dit-elle. Et c’est précisément ce dont ils ont besoin.

Enfants et écrans à l

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : distraction avérée, réalité nuancée

Le vécu de Katie Dooley est loin d’être un cas isolé. Dans son rapport *Élèves et écrans* publié en 2024, l’OCDE confirme que les appareils numériques perturbent bel et bien les apprentissages. En France, 53 % des élèves déclarent être distraits pendant les cours de mathématiques par les appareils de leurs camarades. Les conséquences sont tangibles : les élèves concernés accusent un retard équivalant à trois quarts d’année scolaire.

Un autre chiffre interpelle : 43 % des collégiens français ressentent de l’anxiété dès lors que leur téléphone n’est pas à portée de main. Des données qui donnent à réfléchir — sans pour autant désigner un seul responsable. L’OCDE elle-même rappelle qu’il s’agit de corrélations et non de preuves de causalité directe.

Les solutions qui existent en France, et les gestes à adopter chez soi

Bonne nouvelle : des mesures concrètes sont déjà en place. En France, le téléphone portable est interdit dans les écoles et collèges depuis 2018. Depuis la rentrée 2025, la « pause numérique » est généralisée à tous les collèges, avec des dispositifs pratiques — boîtes collectives ou pochettes individuelles — pour tenir les appareils à l’écart pendant la journée.

À la maison, quelques habitudes simples peuvent faire une vraie différence. Un espace devoirs sans écran, avec le téléphone hors de vue. Des repas sans appareil. Des activités qui demandent un vrai effort — lecture, dessin, jeux de société. Et surtout : montrer l’exemple. Beaucoup de commentaires sous la vidéo de Katie Dooley pointent du doigt les parents eux-mêmes, les yeux rivés sur leur propre téléphone.

Les spécialistes français recommandent également des repères adaptés à l’âge : aucun écran avant 3 ans, pas de téléphone personnel avant 11 ans, et aucun accès à internet sans supervision avant 13 ans.

Reprendre les choses en main, progressivement et avec bienveillance, reste le plus beau cadeau qu’on puisse offrir à ses enfants.