Douleur à l’avant-pied : reconnaître et apaiser le névrome de Morton

Publié le 10 novembre 2025
MAJ le 12 décembre 2025

Vous ressentez une douleur aiguë comme si vous marchiez sur un objet pointu ? Ce trouble, fréquent notamment chez les femmes, pourrait être un névrome de Morton. Découvrez des approches efficaces pour vous soulager sans recourir à la chirurgie.

Comprendre le névrome de Morton

Derrière cette appellation un peu technique se cache une affection assez fréquente : une irritation, voire une inflammation, d’un nerf situé sous la plante du pied. Elle se manifeste le plus souvent dans l’espace entre le troisième et le quatrième orteil. Concrètement, les tissus qui enveloppent le nerf s’épaississent, ce qui provoque une douleur aiguë à l’avant du pied. Le résultat ? Une sensation désagréable à chaque pas, comme si un petit caillou ou un pli de tissu était coincé sous la voûte plantaire.

Bien que cette condition soit bénigne, elle touche principalement les femmes, et plus spécifiquement celles qui portent régulièrement des chaussures à talons ou à l’avant trop serré. L’explication est logique : une pression répétée sur l’avant-pied finit par irriter le nerf et déclencher cette réaction.

Les signes qui ne trompent pas

La gêne liée au névrome de Morton se fait généralement sentir à la marche ou lorsqu’on porte des souliers inadaptés. Plusieurs symptômes caractéristiques peuvent l’accompagner :

  • Une impression de brûlure ou de picotements dans les orteils concernés,
  • Un engourdissement qui va et vient,
  • Ou la sensation d’avoir une petite boule ou un gonflement à l’intérieur du pied, entre les os.

La douleur a tendance à s’atténuer au repos, mais elle revient souvent dès que l’on remet le pied à terre. Sans attention particulière, cet inconfort peut s’installer dans la durée.

Les habitudes qui peuvent favoriser son apparition

Certaines de nos pratiques quotidiennes peuvent contribuer au développement de ce trouble :

  • Les chaussures à talons et à bouts pointus : elles concentrent tout le poids du corps vers l’avant et compriment les structures nerveuses.
  • Les sports à impacts répétés comme la course à pied, la danse ou le tennis : les micro-chocs successifs finissent par enflammer les tissus.
  • Certaines particularités morphologiques du pied (hallux valgus, pieds plats ou très cambrés) : elles modifient la façon dont le poids se répartit et créent des points de pression anormaux.

La bonne nouvelle, c’est qu’on peut souvent agir sur ces facteurs sans bouleverser son quotidien.

Les réflexes à adopter pour se soulager

Avant d’envisager une consultation chez un spécialiste, quelques ajustements simples peuvent déjà faire une grande différence :

  • Choisir des chaussures adaptées : privilégiez les modèles avec un bout large, une semelle qui amortit bien les chocs et un talon modéré (pas plus de 4 cm).
  • Utiliser des coussinets ou des orthèses métatarsiennes : disponibles en pharmacie, ils aident à mieux répartir la pression et réduisent la compression sur la zone sensible.
  • Accorder des pauses régulières à ses pieds si l’on doit rester longtemps debout ou marcher sur de longues distances.
  • Pratiquer un automassage de la plante du pied avec une balle de tennis ou un rouleau adapté pour détendre les tensions.

Ces petits changements, parfois sous-estimés, peuvent à eux seuls apaiser l’irritation et vous permettre de retrouver une marche plus légère.

Quand est-il temps de consulter ?

Si la douleur persiste malgré ces aménagements, il est recommandé de prendre rendez-vous avec un podologue ou un médecin spécialiste. Après un examen clinique, des examens complémentaires (comme une échographie) pourront confirmer le diagnostic.

Le traitement proposé est, la plupart du temps, conservateur : le praticien pourra prescrire des semelles orthopédiques sur mesure ou, dans certains cas, recourir à des infiltrations de corticoïdes pour réduire l’inflammation. L’opération chirurgicale n’est considérée qu’en ultime recours, lorsque toutes les autres approches thérapeutiques se sont avérées inefficaces.