Il dépense 300 euros pour sauver une langouste d’un restaurant et la libérer en Méditerranée
Un dîner d'anniversaire dans un restaurant de Roquebrune-Cap-Martin a pris une tournure inattendue pour Stéphane Lamart. Face à une langouste vivante présentée comme plat du jour, le militant pour la cause animale a sorti son portefeuille non pour la déguster, mais pour lui offrir une chance de retrouver la mer. Une action qui illustre un combat qu'il mène depuis des années contre les conditions de mise à mort des crustacés.
Un repas d’anniversaire bouleversé par une rencontre inattendue
Ce dimanche soir, Stéphane Lamart partage un dîner avec une amie au restaurant Loulou Pirate, à Roquebrune-Cap-Martin, dans les Alpes-Maritimes. Comme c’est souvent l’usage dans les établissements du bord de mer, la serveuse passe en salle pour présenter les arrivages du jour : poissons, crustacés, et parmi eux une langouste encore vivante. Pour Lamart, la vision est immédiatement insupportable. Il ne voit pas là un mets raffiné, mais ce qu’il qualifie lui-même de véritable « scène d’horreur ».
« Sa vision m’était insupportable, a-t-il confié à France 3 Côte d’Azur. On m’a annoncé qu’elle était à 10 euros le gramme : j’étais profondément choqué qu’on puisse décider ainsi que la vie d’un animal vaut 300 euros. » En quelques secondes, sa décision est arrêtée : il rachète l’animal, non pas pour le consommer, mais pour le rendre à son milieu naturel.
Trois cents euros pour remettre le crustacé à la mer
La serveuse, visiblement « interloquée », comprend que la langouste ne terminera pas sa soirée dans une assiette. La somme est réglée, et l’animal quitte l’établissement en vie. Direction le rivage méditerranéen, où le crustacé est immédiatement remis à l’eau.
Végétarien et président de son association depuis l’an 2000, Stéphane Lamart tient néanmoins à préciser qu’il ne cherche pas à dicter leur conduite aux restaurateurs ni à exiger la disparition des fruits de mer des menus. Sa préoccupation porte sur autre chose : les conditions dans lesquelles les crustacés sont mis à mort avant d’être servis. « J’aimerais déjà que les crustacés soient étourdis avant d’être ébouillantés », insiste-t-il.
Un geste pour pointer du doigt le traitement des crustacés vivants
Une fois au bord de l’eau, la langouste est relâchée. Ce qu’elle est devenue par la suite reste une inconnue : impossible de savoir si elle a survécu à sa remise en liberté. Stéphane Lamart préfère se concentrer sur ce qu’il a pu lui apporter. « Mais au moins je lui ai laissé une seconde chance pour vivre », se réjouit-il.
Cette démarche n’est pas nouvelle pour le défenseur des animaux. En 2024 déjà, il avait acquis trois homards exposés dans la vitrine d’un restaurant de Menton pour les relâcher en mer. Deux ans plus tard, la langouste de Roquebrune-Cap-Martin s’inscrit dans cette même logique, qu’il assume pleinement.
Au-delà des 300 euros engagés, son geste vise surtout à attirer l’attention sur le sort réservé aux crustacés vivants dans certains restaurants, ainsi que sur les pratiques liées à leur mise à mort.
