Yaourts du commerce : ces additifs qui inquiètent les spécialistes de la nutrition
Le Dr Li tire la sonnette d'alarme sur la composition de nombreux yaourts vendus en supermarché. Additifs, émulsifiants, épaississants : ces ingrédients synthétiques, largement présents dans les produits allégés ou aromatisés, soulèvent des interrogations croissantes sur leurs effets à long terme. Parmi eux, le carraghénane, référencé E407, concentre particulièrement les préoccupations des chercheurs, sans que les autorités sanitaires n'aient pour l'heure émis de mise en garde définitive.
Des yaourts du supermarché saturés d’ingrédients industriels
D’après le Dr Li, la grande majorité des yaourts proposés en grande distribution sont élaborés à partir d’ingrédients chimiques et synthétiques. Les produits allégés en matières grasses constituent sa cible principale. En éliminant les lipides, les fabricants se heurtent à un problème concret de texture. « Dès qu’on enlève la matière grasse d’un yaourt, la texture s’effondre », explique-t-il. « Et que font les industriels ? Ils compensent en incorporant des additifs et des émulsifiants pour retrouver ce fondant en bouche si caractéristique », ajoute-t-il.
Le spécialiste considère qu’une consommation régulière de ces produits ultra-transformés pourrait générer des problèmes de santé significatifs. Ces affirmations demeurent cependant à ce jour de l’ordre de l’hypothèse. Peu de travaux scientifiques établissent un lien direct entre la consommation de yaourt et le développement d’un cancer. Certaines études pointent même dans le sens contraire, laissant supposer que le yaourt pourrait contribuer à en réduire le risque. C’est davantage la question des additifs qui mérite d’être examinée de près.
Le carraghénane E407, un épaississant qui divise les scientifiques
Parmi les additifs mis en cause par le Dr Li, le carraghénane occupe une place centrale. Employé comme épaississant, gélifiant et stabilisant, cet ingrédient d’origine naturelle est enregistré en France sous le code E407. Sa commercialisation est légalement autorisée en Europe, mais il fait l’objet d’études aux résultats contradictoires.
Certains travaux lui attribuent un rôle dans les inflammations intestinales et lui prêtent des effets potentiellement cancérigènes, tandis que d’autres concluent à son innocuité totale. Un point retient toutefois une vigilance particulière : le carraghénane peut se dégrader sous l’effet de variations de température ou d’acidité. Cette forme dégradée est classée comme potentiellement cancérigène par le Centre International de Recherche sur le Cancer. Par précaution, les autorités européennes fixent un seuil toléré de 5 % maximum de carraghénanes dégradés dans l’additif autorisé.
Que regarder sur l’étiquette pour éviter le E407 dans son yaourt ?
Aucune agence sanitaire ne conclut à ce jour que le carraghénane contenu dans les yaourts est responsable de cancers. Plusieurs études incitent néanmoins à limiter l’accumulation d’additifs dans l’alimentation au quotidien.
Un réflexe accessible consiste à examiner attentivement la liste des ingrédients. Un yaourt nature composé uniquement de lait et de ferments lactiques, sans aucun code E, correspond à un produit peu transformé. La présence de la mention « carraghénane » ou des codes « E407/E407a » indique en revanche cet épaississant, courant dans les recettes aromatisées, très onctueuses, allégées ou à base végétale. Réduire sa consommation de desserts lactés élaborés, de boissons sucrées et de produits industriels en général contribue à limiter l’exposition globale aux émulsifiants.
