Nouveau décret : dès juillet 2026, les seniors de plus de 70 ans perdent cet avantage financier automatique

Publié le 1 juillet 2026

À partir du 1er juillet 2026, un décret modifie discrètement les règles d’exonération de cotisations pour l’aide à domicile. Résultat : des milliers de retraités pourraient voir leurs dépenses grimper, sans forcément s’y attendre.

Il arrive qu’un simple changement de réglementation passe sous les radars. Pourtant, à compter du 1er juillet 2026, une évolution touchant l’aide à domicile pourrait bien bouleverser le quotidien de nombreux seniors. Derrière cette réforme se cache en fait la suppression d’un coup de pouce financier dont profitaient jusqu’ici automatiquement les personnes de plus de 70 ans. Qu’est-ce qui change concrètement ? Qui est concerné ? Et surtout, quel sera l’impact réel sur le porte-monnaie des ménages ? On vous explique tout.

Ce qui change avec la réforme de l’aide à domicile à partir de juillet 2026

À partir du 1er juillet 2026, les règles pour bénéficier d’une exonération de cotisations sur l’emploi d’une aide à domicile vont être revues. Jusqu’à présent, les particuliers employeurs âgés de 70 ans ou plus avaient accès automatiquement à cet avantage, ce qui allégeait le coût des services à domicile.

Mais voilà, le seuil d’âge est désormais relevé à 80 ans. En clair, les retraités qui ont entre 70 et 79 ans ne pourront plus en profiter sans conditions. D’après les chiffres de l’Urssaf, près de 350 000 foyers seraient directement impactés par cette évolution.

Pour beaucoup de seniors, cette aide financière permettait de garder un équilibre dans leur budget, surtout pour des prestations essentielles du quotidien comme le ménage, l’assistance à domicile ou certains petits travaux d’entretien.

Pourquoi le coût des services à domicile va augmenter

Cette mesure fait partie d’une stratégie plus large de réduction des dépenses publiques. Selon la direction de la Sécurité sociale, l’économie attendue est d’environ 100 millions d’euros.

Dans la pratique, les particuliers employeurs devront désormais s’acquitter de cotisations dont ils étaient exonérés auparavant, dans la limite de 65 heures de travail par mois. Résultat : le coût horaire des services à domicile augmente mécaniquement.

Le décret, publié le 8 avril 2026, précise que l’âge requis pour bénéficier de l’exonération des cotisations patronales sur la rémunération des aides à domicile passe donc de 70 à 80 ans.

Initialement prévue pour le 1er janvier 2026, l’entrée en vigueur de cette réforme a finalement été repoussée au 1er juillet 2026.

Des hausses qui peuvent peser sur le budget des retraités

D’après la Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem), le surcoût est estimé à environ 2,15 euros bruts par heure pour un salarié payé au Smic. Pour des rémunérations plus élevées, il pourrait même grimper jusqu’à 3,18 euros supplémentaires par heure.

Ces montants, pris individuellement, peuvent sembler anodins. Pourtant, quand on les multiplie sur plusieurs dizaines d’heures chaque mois, l’addition devient vite salée.

Par exemple, pour 20 heures d’aide à domicile par mois au Smic, la hausse représente environ 43 euros mensuels, soit plus de 500 euros sur une année. Avec 50 heures par mois, le coût supplémentaire peut dépasser 1 200 euros par an, avant même de prendre en compte les avantages fiscaux.

Cette augmentation pourrait pousser certains ménages à revoir leur budget, voire à réduire le recours à des services pourtant précieux pour le maintien à domicile.

Quelles solutions pour limiter l’impact de la réforme ?

Heureusement, il existe encore des dispositifs pour amortir le choc. Les dépenses liées aux services à la personne continuent d’ouvrir droit à un crédit d’impôt de 50 % des sommes engagées.

Grâce à cet avantage fiscal, le surcoût réel est réduit. Dans les exemples précédents, il passerait à environ 258 euros par an pour 20 heures mensuelles, et à environ 645 euros pour 50 heures.

Par ailleurs, certaines exceptions subsistent. Les couples dont l’un des conjoints a plus de 80 ans peuvent toujours bénéficier de l’exonération, à condition de fournir les justificatifs nécessaires. D’autres retraités de moins de 80 ans peuvent aussi conserver cet avantage s’ils sont éligibles à des dispositifs spécifiques liés à la perte d’autonomie ou à certaines situations reconnues par les organismes compétents.

Pour les personnes concernées, cette réforme impose désormais d’anticiper un peu plus les dépenses liées à l’aide à domicile, afin de préserver leur qualité de vie au quotidien.